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Saturday, October 16, 2010

L'impropre

Dégoût d'une nourriture, d'une saleté, d'un déchet, d'une ordure. Spasmes et vomissements qui me protègent. Répulsion, haut-le-coeur qui m'écarte et me détourne de la souillure, du cloaque, de l'immonde. Ignominie de la compromissions, de l'entre-deux, de la traîtrise. Sursaut fasciné qui m'y conduit et m'en sépare.

Le dégoût alimentaire est peut-être la forme la plus élémentaire et la plus archaïque de l'abjection. Lorsque cette peau à la surface du lait, inoffensive, mince comme une feuille de papier à cigarettes, minable comme une rognure d'ongles, se présente aux yeux, ou touche les lèvres, un spasme de la glotte et plus bas encore, de l'estomac, du ventre, de tous les viscères, crispe le corps, presse les larmes et la bile, fait battre le coeur, perler le front et les mains. Avec le vertige qui brouille, le regard, la nausée me cambre, contre cette crème de lait, et me sépare de la mère, du père qui me la présentent. De cet élément, signe de leur désir, "je" n'en veux pas, "je" ne veux rien savoir, "je" ne l'assimile pas, "je" l'expulse. Mais presque cette nourriture n'est pas un "autre" pour "moi" qui ne suis que dans leur désir, je m'expulse, je me crache, je m'abjecte dans le même mouvement par lequel "je" prétends me poser. Ce détail, insignifiant peut-être mais qu'ils cherchent, chargent, apprécient, m'imposent, ce rien me retroune comme un gant, les tripes en l'air: ainsi ils voient, eux, que je suis en train de devenir un autre au prix de ma propre mort. Dans ce tranjet où "je" deviens, j'accouche de moi dans la violence du sanglot, du vomi. Protestation muette du symptôme, violence francassante d'une vonvulstaion, inscrite certes en un système symbolique, mais dans lequel, sans vouloir ni pouvoir s'intègrer pour y répondre, ça réagit, ça abréagit. Ça abjecte.

"L'approche de l'ajection" dans Pouvoirs de l'horreur: essai sur l'abjection par Julia Kristeva. pgs. 10-11.

Tuesday, July 27, 2010

stabat mater dolorosa

I've been haunted by the composition of Stabat Mater by D.G. Pergolesi since March when I had the chance to go to Repentingy, QC (impossible to say suburb of Montreal, just beyond Charlemagne, which is the suburb where Celine Dion herself is from!) to see it performed.

Photobucket
(photo credit: wikipedia (unfortunately))

In a tiny, very elaborately decorated church, a wonderful singer tugged on my heart strings as she sang this lament for the Virgin Mary.

It's probably one of the greatest latin hymnals ever written, and you'll see why if you ever hear it. (which I beyond highly recommend!)
You can see the lyrics in Latin and English here . Given my slight obsession with this piece of music, I went to a record shop in Toronto the other day and searched desperately for a recording of it to no avail. I then ordered it online and will be receiveing it soon and then my listening woes will be put to rest.

Also bearing the title Stabat Mater is a very interesting essay by French linguist and psychoanalyst Julia Kristeva.

Photobucket
(photo credit: http://www.diplomatie.gouv.fr)

Her essay postulates that we do not have adequate discourses on maternity, the only ones being through Religion (with the Virgin Mary) and Science. Kristeva's main concern with this essay taking a close look at the Virgin Mary, is that due to the demise of religion in Western culture, we no longer have a satisfactory discourse on motherhood.

The essay is dense but interesting and she breaks it up with her own understanding of motherhood along the margins. This creates an interesting, yet disjointed read. You can read it in the Julia Kristeva Reader edited by Toril Moi .
For an interesting summary of what Kristeva focused most of her writing on read this .